Dans un jardin naturel ou en permaculture on parle souvent des auxiliaires. Ce sont des insectes, des petites bêtes ou autres animaux qui contribuent à l’équilibre de l’écosystème jardiné. Ils aident le jardinier ou la jardinière à prendre soin de son jardin et de son potager en régulant les populations de ceux que l’on nomme ravageurs.
Tous les êtres vivants, auxiliaires comme ravageurs, ont leurs rôles dans l’écosystème. Mais un jardin étant cultivé, de manière plus ou moins naturelle, les déséquilibres y sont plus fréquent que dans une nature plus sauvage. D’où l’importance d’attirer des auxiliaires. Et parmi eux, il y en a un qui est souvent oublié et qui est particulièrement important. Sans le mettre sur un piédestal, c’est peut-être même le plus important de tous. Il serait donc bon de tout faire pour l’accueillir dans son jardin.
Mais avant de vous parler de lui je vous propose de découvrir quelques auxiliaires et ravageurs du jardin ainsi que l’art d’attirer les alliés du jardinier.

Qu’est-ce qu’un auxiliaire du potager ?
Un auxiliaire est un être vivant, généralement issu du règne animal, qui est une aide, un allié, pour le jardinier. Étymologiquement « auxiliaire » vient du latin « auxiliarius » qui signifie « venant en aide ».
Ce peut être un insecte ou une autre petite bête, un mammifère, un oiseau, un reptile, un batracien, etc. Il en existe des centaines.
Ils peuvent remplir différents rôles :
- Régulation des «ravageurs», comme les larves de coccinelles qui se nourrissent de pucerons, certaines mésanges et autres oiseaux qui mangent des chenilles, les rapaces qui peuvent attraper des campagnols, les hérissons, crapauds ou carabes (des petits scarabées) qui consomment des limaces.
- Pollinisation, comme les abeilles domestiques ou sauvages, certaines guêpes, etc. Ce qui est indispensable à de nombreuses plantes pour pouvoir produire leur fruits et leurs graines.
- Architecte du sol comme les incontournables vers de terre qui aèrent, décompactent et structurent le sol.
- Décomposition de la matière organique comme les cloportes, les limaces et escargots (qui ne sont donc pas que des « ravageurs »), certains champignons, etc.
Tous ces assistants du jardin sont très importants et rendent de nombreux services, pour autant qu’on leur offre les conditions propices pour s’installer et se développer.

Qu’est-ce qu’un ravageur ?
Un «ravageur» est un classification attribuée par l’humain à des insectes ou autres petites bêtes qui mangent les légumes qu’il a prévu de récolter ou portent atteinte à la santé de plante qu’il cherche à faire pousser.
Les exemple les plus significatifs sont la limace et l’escargot qui sont gourmands des jeunes plants que l’on vient de repiquer, des graines qui viennent de germer ou des fruits et légumes qui arrivent à maturité. En réalité ces gastéropodes ont un rôle très important en se nourrissant en premier lieu des plantes faibles ou malades. Ils participent ainsi au processus de sélection naturelle. Je vous invite à visionner la magnifique vidéo de l’ingénieur agronome et poète Hervé Coves sur la gestion holistique des limaces.
On cite aussi souvent les pucerons, chenilles, piérides, doryphores, vers fil de fer, campagnols, etc.
Il est important de garder à l’esprit que tous ces «ravageurs» ne cherche qu’à se nourrir et à vivre. Comme nous. Ils ne sont pas là pour nous embêter ou nous voler notre nourriture. Ils n’ont que faire de nous, ils vivent simplement leur vie et cherchent, comme nous, à se nourrir et à se reproduire. Tout comme les auxiliaires d’ailleurs.
J’ai tendance à mettre ce terme de «ravageurs» entre guillemets car ce n’est qu’un mot, une image que nous projetons sur ces êtres vivants.

Comment attirer les auxiliaires pour réguler les ravageurs dans son jardin ?
Les ravageurs sont problématique pour nous quand ils sont en surnombre. Quelques limaces ou quelques pucerons ne sont pas vraiment dérangeants. Mais quand ils abondent c’est une autre histoire. Et c’est souvent en raison d’un déséquilibre. Soit lié à nos pratiques de jardinage ou d’agriculture, soit à l’environnement qui nous entoure.
Notre objectif n’est donc pas d’éliminer les ravageurs mais de développer l’équilibre de l’écosystème que l’on cultive. Et les «ravageurs» font partie de l’équilibre. Si on élimine tout les pucerons, les larves de coccinelles ne trouveront pas de quoi se nourrir. Et lorsque des pucerons reviendront il n’y aura personne pour les croquer. Il serait donc préférable de veiller à accueillir les ravageurs toute l’année, pour que leur prédateurs soient également présents toute l’année et puissent donc jouer leur rôle de régulation.
Pour favoriser la biodiversité et donc les auxiliaires qui en font partie, il est intéressant de laisser une zone sauvage dans sont jardin. C’est un espace que l’on nomme parfois zone 5 en permaculture. C’est un espace dans laquelle on n’intervient pas, ou le moins possible, pour permettre à toute la vie sauvage de s’y développer avec un minimum de perturbation humaine.
On peut également installer des abris pour la faune comme des cabanes à hérisson, des nichoirs à oiseaux ou à chauve-souris, une petite mare, des hôtels à insectes (en privilégiant les hôtels destinés à une seule espèce), des tas de branches, des tas de cailloux, etc.

Quel est l’auxiliaire le plus important ?
Mais alors, quel est donc cet auxiliaire si important dont personne ne parle ?
Au jardin et au potager il existe de nombreux auxiliaires, des insectes et autres petites bêtes qui participent à l’équilibre de la biodiversité pour des plantes en bonne santé et des récoltes généreuses. On parle souvent des coccinelles, et plus précisément de leurs larves, qui se nourrissent de pucerons. Des hérissons, crapauds et carabes qui sont friands de limaces ou des mésanges qui mangent des chenilles. Des abeilles et autres pollinisateurs qui assurent la fécondation de nombreuses plantes. Mais aussi des lézards, vers de terre, cloportes, guêpes et bien d’autres. Toute cette faune remplie de nombreux rôles pour réguler les population de ceux que l’on nomme ravageurs ou pour assurer des services écosystémiques indispensables.
Mais parmi tout ces auxiliaires du jardin et du potager, le plus important ne serait-il pas le jardinier lui-même, ou la jardinière. Parce qu’un jardin sans jardinier ce n’est pas un jardin, c’est la nature. C’est le jardinier qui fait le jardin.
Mais pas pas n’importe lequel. Celui d’une espèce bien particulière. Respectueuse du vivant et des cycles de la nature. Perspicace sur le grand pouvoir qu’il a entre les mains. Attentif à ses actions et à leurs conséquences.
Un jardinier ou une jardinière responsable et conscient-e :
Capable de planter et de semer pour accroître la biodiversité.
Capable d’arroser quand le ciel ne pourvoit pas aux besoins en eau du sol et des plantes.
Capable de créer des abris pour la faune.
Capable de dynamiser la vie sur le lopin de terre dont il est le gardien, dont elle est la gardienne.
Capable d’aimer, de chérir et de prendre soin de cette parcelle dont il ou elle s’occupe.
Capable d’accélérer les processus naturels pour booster la vitalité de cet espace.
Capable d’apprendre de ses erreurs, de se remettre en question, de s’informer et de se former pour grandir et faire toujours mieux.
Capable de laisser faire la nature, avec humilité face à la puissance et aux mystères des cycles du vivant.
Capable d’apporter l’aide nécessaire à des plantes qui sans lui ou sans elle ne pourraient pas pousser, en leur offrant les conditions propices (serre, humidité, fertilité, etc).
Capable de façonner des écosystèmes propices à l’expansion de la vie.
Capable de venir en aides aux plantes, aux insectes, aux animaux, aux champignons qui en ont besoin.
Capable d’observer le macro et le micro, et de s’adapter à l’évolution du terrain dont il est le gardien provisoire ou dont elle est la gardienne éphémère.
Capable de soigner les plantes et les animaux et d’en prendre soin.
Capable de comprendre beaucoup sur le fonctionnement de la nature. Et capable de comprendre qu’il ou elle n’y comprend finalement pas grand-chose.

Comment prendre soin de cet auxiliaire majeur ?
Pour faire de ce simple animal à deux jambes un précieux auxiliaire du jardin, il sera bon qu’il passe régulièrement du temps dans son jardin et plus largement au contact de la nature.
Cela pour lui permettre de tomber amoureux de la nature et de cultiver cet amour. Ce qui me semble être un point essentiel, et dont tout le reste découle.
Ensuite il faudra veiller à :
- Observer, au fil des saisons et des cycles du vivant pour profiter de l’opportunité de se familiariser avec son jardin, avec toujours plus de finesse.
- Être curieux des mécanismes, des processus et des fonctionnements du vivant pour permettre d’approfondir ses connaissances et sa sensibilité.
- S’informer et se former pour mieux interagir avec les écosystèmes et les êtres qui les composent.
- S’ouvrir à l’émerveillement des graines qui poussent, des plantes qui croissent, des fleurs qui s’ouvrent et se transforment en fruits, mais aussi des réponses du végétal aux maladies, aux ravageurs, à la météo, etc.
- Et être attentif à ses ressentis, même si on ne comprend pas tout, pour être dans une écoute plus subtile de son jardin et de soi-même.

Conclusion
Un bon jardinier auxiliaire œuvre au service du vivant. Pas comme un maître, un chef, un directeur ou un exploitant mais comme un partenaire, un allié, un ami, une partie du tout. C’est un collègue de travail de tous les autres auxiliaires. En collaboration et en synergie avec la nature.
Alors devenons des super-héros du jardin et du vivant, devenons des super auxiliaires.
Cet article a été rédigé suite à la lecture du livre « Manifeste paradisiaque – Jardinage, permaculture et spiritualité » de Laurent Huguelit.

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