Tonte raisonnée, ou différenciée. Comment tondre moins et mieux ? Une solution pour les jardins en permaculture. Tondre moins et mieux grâce à la tonte différenciée. Photo prise dans le Chablais suisse dans un jardin en permaculture.

Introduction à la tonte raisonnée ou tonte différenciée

La pelouse, ou gazon, est une étendue de plantes herbacées, généralement des poacées (graminées), idéalement sans «mauvaises herbes», tondues régulièrement à quelques centimètres du sol et souvent utilisée autour des maison ou dans les parcs.

Cette pratique serait née à l’antiquité puis n’a cessé de s’étendre. Au fil du temps la pelouse devient un signe extérieur de richesse. En effet, pour avoir de la pelouse il faut être propriétaire terrien et avoir de quoi payer la main d’œuvre qui l’entretien. Encore maintenant une pelouse parfaitement entretenue est un symbole social fort.

Mais pour la nature, et la plupart du temps pour nous aussi, tondre sa pelouse est une habitude destructrice et qui ne fait pas vraiment sens.

Vous êtes vous déjà demandé, sincèrement, pourquoi vous tondiez votre pelouse ?

Avoir une pelouse «bien entretenue» est une pratique contradictoire. On a envie de sentir la nature proche de nous alors plutôt que de tout bétonner ou transformer en terrasse on choisi d’avoir de la pelouse. Mais en même temps cette nature nous fait peur, nous inquiète, alors on veut la garder sous contrôle. Un peu de nature ça va mais il ne faudrait pas qu’elle prenne trop de place non plus.

Et si, plutôt que de s’épuiser à lutter contre elle, nous choisissions plutôt de l’aimer, de comprendre et de collaborer avec elle ? En permaculture on parle de «zone 5» ou «zone sauvage» pour ces espaces ou la nature peut s’exprimer librement avec un minimum d’intervention humaine. Et chaque jardin devrait en contenir au moins une, même petite.

Il est temps de remplacer ces déserts verts vides de vie que sont les pelouses par des oasis de biodiversité, de véritables écosystèmes qui profiteront à la nature, dont l’espèce humaine fait partie.

Pourquoi moins tondre ?

Favoriser la biodiversité : laisser les plantes pousser naturellement et fleurir va offrir des abris et de la nourriture à une multitude d’espèces animales. Cela va aussi permettre à de nouvelles espèces végétales de s’installer. La tondeuse est destructrice pour une partie des insectes et autres petits animaux, en réduisant son utilisation vous préservez le vivant.

– Limiter l’évaporation : en protégeant le sol de la chaleur du soleil par une plus grande couche de végétation le sol restera plus humide, et permettra donc aux plantes de pousser plus facilement. Vous aurez donc moins besoin d’arroser, voir plus du tout, pour conserver un jardin verdoyant. C’est d’autant plus intéressant avec les risques de canicules et de sècheresse qui augmentent.

Rétablir des équilibres et des cycles naturels : laisser la nature vivre va avoir quantité de conséquences positives pour l’environnement, dont une meilleurs régulations des populations de ravageurs et des maladies pour les plantes. Tout votre jardin et même votre potager bénéficieront de cette réserve de biodiversité.

– Éviter de perdre de temps : moins tondre c’est moins de temps passé à parcourir son jardin de long en large accroché à une tondeuse.

Économiser de l’argent : moins d’essence, ou plus d’essence du tout si on utilise des outils manuels, et moins de frais d’achat et d’entretien de la tondeuse.

Faire moins de bruit : la nature, vos voisins et vous-même profiterez de plus de calme. En utilisant des outils manuels vous profiterez encore plus de la mélodie des grillons et des oiseaux.

Régaler les yeux : un jardin coloré et vivant qui ondule au vent est quand même plus joli qu’un désert uniforme.

Se nourrir et se soigner : avec des plantes qui poussent spontanément vous pourrez profiter de nombreuses plantes sauvages comestibles et médicinales directement dans votre jardin, sans rien faire.

Faire des bouquets :vous pourriez aussi confectionner de jolis bouquets, ou simplement profiter de la vue des fleurs qui s’épanouissent librement.

– Produire du foin : il pourra servir de mulch (ou paillage) pour un potager, des pieds d’arbres ou de haies, etc. Dépendant des plantes qui auront poussé, il pourra aussi être utiliser comme fourrage pour des animaux.

Les obstacles

L’entourage
Une pelouse «mal entretenue» peut être perçue comme négligée par les voisins et l’entourage, et il pourrait en être de même pour vous. C’est l’occasion de s’exercer à se libérer du regard et du jugement des autres. Et il peut aussi être important d’expliquer sa démarche, que l’on appelle «tonte différenciée» ou «tonte raisonnée», cela aidera à plus de compréhensions, et peut-être de faire des émules.

Soi-même
Il va aussi peut-être être nécessaire de faire un travail sur soi pour oser avancer dans cette pratique du non-agir. Lâcher prise sur notre volonté de contrôle sur la nature, sur notre vision de l’ordre et de l’esthétique, sur nos vieilles habitudes héritées et entretenues… Le plus grand obstacle à laisser la nature s’exprimer un peu plus est très certainement notre propre psychologie.

Comment moins tondre ?

Tondre les zones que vous utiliser : vous pouvez commencer par ne tondre que les endroits où vous aimez vous allonger dans l’herbe, où les enfants jouent, où vous avez besoin d’espace libre. Il est bien rare d’avoir besoin d’un jardin intégralement tondue.
Tondre des chemins : il est pratique de garder l’herbe courte sur les chemins d’accès qui mènent aux différents éléments du jardin comme le compost ou le potager. C’est aussi très joli et agréable de se balader dans ces chemins semi-sauvages, entouré de végétation. Une largeur de tondeuse est souvent suffisante.

Créer des motifs : on peut aussi choisir de laisser juste certaines zones devenir prairie, comme par exemple un endroit ou de jolie plantes poussent. Et ça peut être l’occasion d’être créatif. Un ou plusieurs rond de prairie au milieu du jardin peut être du plus bel effet en amenant une touche «design».

– Tout faucher une à deux fois par année : pour rester à un stade de prairie et ne pas que des ronces ou autres plantes pionnières s’installent dans le jardin, il faudra simplement faucher les herbes hautes une ou deux fois par année. Entre septembre et octobre et éventuellement autour de la mi-juillet. Cela permet aux plantes de se reproduire et de faire leurs graines pour que de nouvelles fleurs poussent l’année suivante. Il est intéressant de faucher d’abord une moitié puis une autre, cela permet à la petite faune d’avoir le temps de migrer d’une zone à l’autre pour trouver refuge.

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